53 billets en 2015 – Semaine 12 – La lettre jamais envoyée



Je me replonge dans ce projet au moins pour que le blog ne meure pas à petit feu faute d’accès au blog depuis le taf ou parce que l’ordi de la maison est squatté par Monsieur6tron en quasi permanence pour jouer ou étudier. 

Je m’excuse d’avance de la mise en page et tout ça mais sur mon téléphone c’est pas facile 😉Le thème de la semaine me parle particulièrement car je suis fan d’échanges épistolaires et que j’ai commencé de nombreuses missives et même billets pour le blog sans jamais les envoyer ou les publier celle-là est plus qu’intime mais au moins elle me fera du bien 


Le thème de la Semaine 12 est : La lettre jamais envoyée



Mon petit Papou,
Je ne sais par où commencer cette lettre tant j’ai à te dire. Je sais que je vais être blessante voire même très méchante mais il faut que ça sorte, il faut que je te dise ce que j’ai sur le cœur.
Cette lettre ne sera pas forcément très ordonnée  voire même sera-t-elle  sans queue  ni tête mais je transcrirai ici plus de 10 ans d’incompréhension, de rancœur mais aussi d’amour non verbalisé.

Je pense être ce qui t’est arrivé de mieux dans ta vie et pourtant aucun geste ni parole affectueux ne sont venus jalonner notre parcours. Il m’est tant facile de prendre maman dans mes bras et lui dire je t’aime que j’ai du mal à comprendre que ce ne soit pas aussi facile pour nous.
Je sais que ton éducation était comme ça et qu’on ne fait que reproduire ce qu’on a vécu mais quand même ! Je sais que tu es mal à l’aise avec les démonstrations affectives et pourtant , chaque jour, je te vois proche de Crapouillou qui a le câlin, le bisou et le je t’aime facile tant c’est pour lui et moi un mode de fonctionnement naturel ; alors pourquoi toi et moi on y arrive pas ?
Je t’en ai toujours voulu de ne pas avoir été là pour mon mariage même si je sais que tu seras là pour le prochain ça n’effacera pas l’espoir douché que j’ai eu de te voir apparaitre jusqu’à ce que je rentre dans la Mairie. Il m’a même fallu tronquer mon discours pour ne pas hurler de rage ce chapitre que je t’avais consacré avec amour.
La rancœur et les non-dits nous ont éloignés et j’ai passé une partie de ces dix dernières années a quasiment te haïr pour cet abandon. 
Mais quand tu as eu besoin de moi, par deux fois j’ai répondu présente pour te soutenir et faire en sorte que tu essaies de te battre contre tes démons.
Car bien plus que l’éloignement physique, c’est cette addiction légale et en libre circulation qui te rend distant, méchant et qui me fait te détester quand je te retrouve dans des états pas possible juste parce que tu ne sais pas faire face à ce qui te rongent.
On les connait, on en fera pas étalage car ça ne résoudrait rien !
Aujourd’hui, je suis avec toi au quotidien et en tant qu’adulte je peux confirmer les dires de maman : tu es chiant, mon dieu que tu es chiant. Tu radotes, tu sais tout sur tout, tu juges…  Tu m’agaces à me parler de choses sérieuses alors même que je n’ai pas avalé mon café, tu regardes toutes les séries policières française pourries…
TU M’ENERVES !!!!!!!!
Mais putain pour rien au monde je ne changerai notre quotidien parce que grâce à toi je peux remonter la pente financièrement, parce que je te sais en sécurité chaque jour avec un toit sur la tête et de quoi manger à ta faim, entouré de personnes qui t’aiment sans condition malgré tous les défauts énoncés ci-dessus.
On ne partage pas de câlin ni de bisou ni même de mot d’amour mais tu es là pour Crapouillou et il adore ce temps passé avec toi et ça pour moi ça vaut bien plus que toute la rancœur et la tristesse que j’ai eu pour toi.
Aujourd’hui je suis apaisée même si je crains chaque jour ce qui se passera quand tu retourneras vivre seul, loin de nous. Je chéris chaque moment de quiétude en ta compagnie comme autant de je t’aime non-dits.
J’aimerai que tu ne partes pas si loin, que tu restes tout prêt tout en ayant ton chez toi, qu’on puisse continuer à profiter l’un de l’autre et que Crapouillou puisse continuer de partager avec toi ces moments géniaux que vous vivez au quotidien. 
Egoïstement je sais que si tu repars, on ne se verra pas plus qu’avant parce que la vie reprend son cours et qu’on se laisse happer par la routine et je crains de te perdre encore une fois, la dernière et à jamais.
Alors pour une fois, à défaut de le dire je vais l’écrire, Papa je t’aime. Tu as été un super papa, gr^^ace à toi j’ai été aux châtaignes, à la pêche, tu m’as emmené tous les étés à la mer alors même que tu détestes l’eau. Tu m’as soutenu quoique j’ai fait parce que tu te fous du qu’en dira-t-on et préfère privilégier mon bonheur. J’adore nos moments de rigolades autant que nos silences partagés.
Tu es mon Papou et je t’Aime, ne l’oublie pas
Ta Souris


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5 réflexions sur “53 billets en 2015 – Semaine 12 – La lettre jamais envoyée

  1. Dure et tendre à la fois, cette lettre!
    J'ai perdu mon père avant mes 17ans…
    Fais lire ce billet au tien
    et surtout faites l'effort de vous revoir le plus souvent possible,
    écris-lui sur ce blog et initie-le à l'ordi, il te suivra peut-être!

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  2. Il utilise internet très facilement et connait l'existence du blog mais je ne pense pas qu'il y aille. Depuis quelques mois il vit avec nous et c'est plus la vie quand il retrouvera un chez lui qui me fait peur qu'autre chose… On sait qu'on s'aime mais on ne le dit pas

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Le citron aime lires vos commentaires :)

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